J’ai hésité à écrire cet article, car je ne suis pas expert Six Sigma. À vrai dire, je ne suis même pas praticien Lean. Chez Minitab, nous croyons qu’il faut « suivre les meilleures idées », et peut-être que ce CFO statisticien tient quelque chose d’intéressant. Alors, je m’excuse par avance si vous trouvez mes propos provocateurs — ou tout simplement erronés — mais je pense qu’il manque une lettre essentielle à DMAIC : le S, pour Simulation. Et si l’amélioration continue consiste justement à remettre en question le statu quo, n’est-il pas surprenant que nous suivions les mêmes cinq lettres depuis les années 1980 ?
Le DMAIC est une très bonne base. Je crois simplement qu’on peut aller encore plus loin.
Si vous lisez ces lignes, vous connaissez probablement déjà le DMAIC. Quoi qu’il en soit, pour bien poser le contexte, faisons un rapide rappel.
DMAIC signifie : Définir, Mesurer, Analyser, Améliorer et Contrôler.
Optimisez vos projets DMAIC avec Minitab.
Je dirais même que la simulation a toute sa place à chaque étape du DMAIC. Lorsque vous cartographiez l’existant lors de la phase Measure, il peut être pertinent de simuler votre processus actuel. Pour les besoins de cet article, je me concentrerai toutefois sur le rôle de la simulation comme passerelle entre l’analyse et l’amélioration.
Lors de la phase Analyser, les équipes formulent des hypothèses sur les relations de causalité entre les variables d’entrée et les résultats (souvent appelés X et Y). Elles s’appuient sur l’analyse statistique et les données disponibles pour valider les hypothèses et les suppositions émises jusque-là.
Lors de la phase Améliorer, l’équipe s’attache à concevoir un nouveau processus, ce qui implique généralement de cartographier les solutions envisagées et, bien souvent, de recourir aux plans d’expériences (DOE). Les DOE permettent de tester de manière structurée différentes combinaisons de facteurs et d’utiliser des techniques d’optimisation pour identifier la solution optimale.
Pourquoi ajouter la simulation ?
Le DMAIC traditionnel suppose qu’après l’analyse, on passe directement aux tests d’amélioration. Or, cela implique souvent d’expérimenter les changements en conditions réelles — ce qui peut s’avérer coûteux, perturbant et risqué.
En ajoutant une phase de Simulation, vous pouvez :
- Modéliser l’incertitude et quantifier les risques avant de mettre en œuvre les changements.
- Tester virtuellement différentes solutions afin d’identifier la conception optimale.
- Réduire les coûts et les délais en évitant les essais-erreurs en environnement réel.
- Renforcer la confiance des parties prenantes en présentant des prévisions basées sur des données quant aux résultats attendus.
La simulation en action : Monte Carlo (hors secteur industriel)
Imaginons qu’une équipe financière souhaite améliorer les délais de traitement des factures. Les données de référence montrent que le traitement prend entre 2 et 10 jours, alors que l’exigence client est de garantir 95 % de livraisons dans les délais (c’est-à-dire sous 7 jours).
En utilisant la simulation de Monte Carlo dans Minitab Workspace, il est possible de simuler 10 000 cycles de traitement avec la variabilité actuelle. Les résultats révèlent qu’aujourd’hui, seulement 72 % des factures sont traitées dans les délais.
Avant de mettre en œuvre des améliorations — comme l’automatisation des validations ou la standardisation des modèles — visant à réduire la variabilité, vous pouvez tester ces scénarios en simulation.
Accédez dès maintenant à la simulation de Monte Carlo
La simulation en action : événements discrets (hors secteur industriel)
Un hôpital entreprend de repenser l’organisation de son service des urgences. Le flux des patients dépend des schémas d’arrivée, du tri, de la disponibilité des salles et de la planification du personnel. Tester des changements directement dans un service d’urgences en activité serait à la fois peu pratique et risqué.
Avec la simulation, l’hôpital modélise les arrivées des patients et leur parcours au sein du système. Différents scénarios sont évalués : ajout d’infirmiers au tri, ajustement des chevauchements d’horaires, ou encore réorganisation des circuits patients.
La simulation permet d’identifier quelles modifications réduisent les temps d’attente et augmentent le débit de patients, sans surdimensionner les ressources. Cette expérimentation virtuelle aide les décideurs à prendre des décisions éclairées, sûres et économiquement pertinentes.
Accédez à la simulation à événements discrets
La simulation en action : Monte Carlo (industrie manufacturière)
Imaginons une opération de moulage par injection cherchant à améliorer son rendement. Les taux de rebut varient fortement d’une équipe à l’autre, en lien avec le temps de cycle, le refroidissement et la variabilité des lots de matière.
En utilisant la simulation de Monte Carlo avec Minitab, l’usine modélise le rendement en fonction des distributions du temps de cycle et du temps de refroidissement. Les résultats montrent qu’une réduction de 10 % du temps de cycle entraîne une augmentation du risque de défauts de plus de 30 %.
Plutôt que de chercher à tout prix à raccourcir les temps de cycle, la simulation permet ainsi de maintenir leur stabilité et d’optimiser la conception du système de refroidissement.
La simulation en action : la simulation à événements discrets (industrie MANUFACTURIÈRE)
Imaginons qu’une entreprise souhaite réorganiser une ligne de conditionnement pour intégrer un nouveau produit. Plutôt que d’investir immédiatement dans un nouvel aménagement, elle peut recourir à la simulation pour évaluer différents scénarios d’implantation, en tenant compte des distances parcourues par les opérateurs, des temps de cycle des machines et de la capacité des convoyeurs.
La simulation permet ainsi d’identifier la configuration optimale avant de s’engager dans des travaux ou des investissements.
Intégrez la simulation à votre démarche DMAIC
L’amélioration des processus ne se limite plus aujourd’hui à une bonne analyse — elle exige une véritable capacité d’anticipation. En intégrant la simulation au DMAIC, les organisations peuvent accélérer leurs projets, réduire les risques et obtenir des résultats plus fiables.
N’est-il pas temps de faire évoluer notre vocabulaire ? Le DMAIC nous a bien servis, mais l’avenir appartient au DMASIC.